Caméras devant les collèges de Mayenne : une dérive dangereuse. La CGT Educ53 répond.

Les caméras de vidéoprotection à l’entrée des collèges publics mayennais : une dérive dangereuse.

 

Le Conseil départemental de la Mayenne va installer des « caméras de vidéoprotection » à l’entrée de tous les collèges publics mayennais d’ici la rentrée. Pour la CGT Éduc’action 53, c’est une politique d’affichage en matière de sécurité, inefficace pour l’heure, mais qui n’est, en réalité, la première étape vers un système de surveillance dangereux pour les libertés des Mayennaises et les Mayennais.

Pour justifier le dispositif, Olivier Richefou, président du Conseil général, affirme sur Ici Mayenne, le 13 janvier 2026 : « La sécurité est le sujet n°1 des Mayennais, des Lavallois, et des Français d’une manière générale. » Sur quelle étude s’appuie-t-il ? M. Richefou affirme dans la même interview que : « Nous savons tous que l’entrée des collèges est un lieu de trafics, un lieu où les élèves sont quelquefois rackettés ». Là encore, sur quels chiffres, sur quelles enquêtes s’appuie-t-il pour dire cela ? Qui ça « nous tous » ? Non, les personnels qui travaillent dans les collèges mayennais ne savent pas que l’entrée de leur établissement est un lieu de trafic et de racket. Que connaît Olivier Richefou de la réalité quotidienne des collèges mayennais ? À qui cherche-t-il à faire peur ? Ces propos alarmistes ne sont pas dignes d’un responsable politique.

En revanche, ce qui alarme la CGT Éduc’action 53, c’est que l’installation de « caméras de vidéoprotection », qui ne protégera en rien, à l’heure actuelle, les personnels et les élèves, semble être que la première étape vers un système de surveillance beaucoup plus intrusif pour les Mayennaises et les Mayennais. M. Richefou a en effet le projet d’un centre de supervision départemental où les images des 150 caméras seraient scrutées en temps réel. Par qui ? Du personnel du Conseil départemental ? Une société privée ? M. Richefou ne le dit pas. Par ailleurs, en juin 2025, toujours sur Ici Mayenne, M. Richefou affirmait, sur le même sujet, que « pour qu’une caméra soit efficace, il faudrait qu’on accepte (…) la reconnaissance faciale ». Et d’ajouter : « il faut qu’on accepte, à un moment donné, peut-être quand on est sur l’espace public, de restreindre certaines libertés ».

La CGT Éduc’action 53 invite donc les personnels, les élèves et leurs familles, dans les collèges publics mayennais, à être extrêmement vigilants à l’égard d’un projet du Conseil départemental qui risque, à termes, de porter atteinte aux libertés individuelles de chacun.

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