« PAS » : la CGT Éduc53 répond au Dasen

LES PÔLES D’APPUI À LA SCOLARITÉ EN MAYENNE, UN DANGER, PAS UNE RÉUSSITE 
Dans un article paru dans Ouest-France du samedi 27 décembre 2025, en page Évron, le Directeur académique de la Mayenne, en charge des moyens éducatifs publics dans le département, présente comme une « réussite » la mise en place des Pôles d’appui à la scolarité (PAS). Deux existent déjà depuis la rentrée 2025, à Évron et dans le quartier Saint-Nicolas à Laval. Le Directeur académique en annonce 10 en Mayenne d’ici à la rentrée 2027

Les PAS ont l’ambition affichée de trouver une solution aux difficultés rencontrées par les élèves en situation de handicap, mais aussi les élèves en difficulté scolaire grave et durable, les élèves malades, les élèves allophones nouvellement arrivés en France, les élèves issus des familles itinérantes ou de voyageurs, les élèves intellectuellement précoces et les élèves en milieu carcéral. À qui le ministère de l’Éducation nationale veut-il faire croire qu’incapable actuellement d’assurer un accompagnement correct des élèves en situation de handicap, il va se lancer dans la prise en charge d’un public d’élèves beaucoup plus large ?

La seule raison des PAS est qu’incapable d’adapter les moyens humains et matériels aux besoins des élèves, en raison de choix budgétaires gouvernementaux, le ministère de l’Éducation nationale va pouvoir adapter les besoins aux moyens. Désormais, ce ne sont plus les notifications de la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) qui seront la référence dans le déclenchement de l’accompagnement, mais une évaluation locale qui tiendra compte des moyens locaux. Le Directeur académique pourra donc dire que « tous » les élèves nécessitant une prise en charge sont suivis, notifiés comme non-notifiés, sans avoir à s’attarder sur le niveau de prise en charge.  Les PAS, c’est une dégradation annoncée de l’accompagnement des élèves en difficulté, quelle qu’elle soit. C’est aussi une dégradation annoncée des conditions de travail des Accompagnants des élèves en situation de handicap (AESH). En effet, les périmètres d’intervention des PAS, comme celui d’Évron-Montsûrs qui compte 15 écoles, 2 collèges et un lycée, sont beaucoup plus étendus que ceux des dispositifs d’accompagnement qui existent actuellement. À moyens constants, les AESH actuels auront donc à intervenir de la maternelle à la terminale, en fonction de considérations locales qui conduiront à des modifications fréquentes d’élèves pris en charge et donc d’emplois du temps. À cela, s’ajoute, en milieu rural, la question des déplacements des AESH, et notamment de leur défraiement, entre les nombreux établissements scolaires. 


								

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