Un communiqué de la CGT Éduc53.
Dans le contexte de la campagne des dernières élections municipales, en janvier dernier, le Conseil départemental de la Mayenne avait annoncé l’ouverture au self du collège Emmanuel-de-Martonne de Laval pour la rentrée 2026 d’un service de restauration pour les étudiants fréquentant les sites du quartier Ferrié. Le projet, présenté dans ses modalités pratiques la semaine dernière, se révèle être ni fait, ni à faire.
Premièrement, sous couvert d’« autogestion », ce projet conduirait à une infantilisation des étudiants. En effet, les étudiants seraient attendus sur deux créneaux bien précis : 12h05-12h30 et 13h15-13h25 ; entre les deux, leur passage serait conditionné. Pour ne pas être mêlés aux collégiens, les étudiants devraient entrer dans l’enceinte du collège par la grille des livraisons, attendre d’être un groupe de 4 ou 5 avant de pénétrer par une porte latérale dans la salle du self, remplie de… collégiens, de la traverser puis de ressortir à l’extérieur, de l’autre côté pour emprunter la file du self avec les… collégiens. Après avoir choisi leurs plats, les étudiants seraient amenés à s’asseoir… parmi les collégiens. Par ailleurs, ils devraient signer un règlement stipulant qu’ils n’utiliseront pas leur téléphone portable pendant le repas.
Deuxièmement, ce projet du Conseil départemental se fait comme toujours au mépris des représentants des personnels, des parents et des élèves. Le Département communique, sans conditionnel, sur le projet, alors que le conseil d’administration du collège ne s’est pas encore prononcé. Car ce projet dégraderait forcément les conditions de restauration des élèves du collège Emmanuel-de-Martonne (plus de temps d’attente dans la file, moins de places dans la salle, moins de temps pour manger).
Enfin, ce projet se fait au mépris du personnel appelé à gérer le flux d’étudiants dans l’enceinte du collège (150 étudiants attendus pour un effectif actuel de 400 collégiens déjeunant au self, soit une augmentation de 37% du service). Le Conseil départemental annonce un personnel supplémentaire en cuisine, mais quid des conditions de travail du personnel du Département chargé, en toutes saisons, de viser l’identité des étudiants à la grille des livraisons ? quid des conditions de travail du personnel d’intendance chargé de contrôler l’entrée du self ? quid des conditions de travail des AED en charge de la surveillance de la salle de restauration ?
C’est pourquoi, la CGT Éduc’action 53 demande l’abandon pur et simple de ce projet improvisé et la pérennisation au quartier Ferrié d’un service de restauration respectueux des étudiants, dans l’attente de l’ouverture du site de restauration en cours de construction.







